A vue d'aigle


Après la leçon de force, et de courage, 

l'heure de l'intelligence pourrait avoir sonné. 

 

Il est surement très révoltant pour un peuple d'avoir le sentiment de payer des individus à faire du "sale boulot pour son propre pays". Mais il ne serait pas mal, non plus, d'agir avec clairvoyance. 

 

De quoi est-il question?

 

Une bonne partie du peuple avait besoin, debout, au début, d'exprimer son opposition. Ensuite, il a eu besoin, le 8 juin 2022, de montrer, malgré les dires, que le 3 mars 2021 n'était pas un accident. Le 17, aujourd'hui, il avait besoin de montrer qu'il ne connait pas la peur, qu'il est insensible aux menaces. Cette formidable démonstration de puissance, est une épée de Damoclès, intacte, prête à s'abattre à tout instant.  

 

Après, donc, l'illustration de force (du 3 mars et 8 juin), et celle de courage (du 17 juin), n'est-il pas maintenant venu l'heure du déploiement de l'intelligence et de la réflexion?

 

Il est peu probable que la coalition au pouvoir recule sur sa décision à propos des listes. Un tel recul serait un coup absolument fatal pour le pouvoir. À moins qu'elle utilise le prétexte d'un guide religieux qui lui aurait demandé de se raviser. Comme il ne les a pas écoutés jusque-là, cela m'étonnerait qu'il le fasse maintenant. 

 

Reprenant la réflexion de Cheikh Bara Ndiaye, ne pas fournir de motif qui puisse justifier un report des élections alors que le momentum est en faveur de l'opposition.  Une si forte coalition ne se crée pas tous les jours. Le peuple, comme son nom l'indique, appelé "askan" (de l'arabe "sakiina" soit "tranquillité), n'est mieux que dans le calme, car sa force est incontrôlable. Et l'opposition ne doit non plus souhaiter que le pays déjà si meurtri qu'elle veut diriger, soit mis à feu et à sang. De toute façon qu’elle se dise que diriger le Sénégal ne sera pas une partie de plaisir.

  

Pourquoi ne pas aller avec les suppléants de la coalition? Les manifestations du 8 et du 17 juin sont une mise en garde assez solide pour calmer les désirs despotiques.

 

Pourquoi, si l'intérêt pour la patrie prime sur l'intérêt personnel, pourquoi les titulaires de yeewi-wallu ne battraient-ils pas campagne pour leur suppléant. Et prouver au peuple qu’ils ont laissé derrière eux les problèmes de personnes qui ont contribué au capharnaüm des listes. 

 

Avec une union des cœurs plus forte, l'équipe de remplaçants de l'opposition pourrait battre l'équipe de premier choix de Bennoo?

 

Une apothéose. Un scénario si catastrophique que la coalition au pouvoir n'eût pu oser l'imaginer. 

Dans ses cauchemars les plus affolés.


Malé Fofana PhD

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