Inondations et refondations
Déconstruire pour mieux reconstruire Le chemin d’un Sénégal durable Un système est assimilable à la grammaire d’une langue : invisible, mais structurant. Il ressemble au squelette du corps humain : on ne le voit pas, mais il détermine tous les mouvements et gestes qu’un corps peut réaliser. Le système n’est pas une réalité vivante en soi. Il est une structure sous-jacente et puissante qui agit dans plusieurs dimensions, y compris celles que nous ne soupçonnons pas. On en retrouve des traces jusque dans des problèmes concrets, comme les inondations. Un ami architecte, Jacques M., amoureux du Sénégal, me confiait, il y a plus de vingt ans déjà, que notre pays est le seul où l’on construit d’abord avant de creuser en dessous - pour faire des aménagements. Les gens sensés, disait-il, creusent d’abord pour viabiliser, puis seulement après, ils construisent. Il parlait bien sûr avec une pointe de sarcasme, cette fine pointe semblable à celle de l’iceberg dont la vitalit...